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Je suis Pilgrim
Terry Hayes
traduit par Sophie Bastide-Foltz
Editions JC Lattès 2014 / Poche 2015

J’aime pas les thrillers, j’aime pas les thrillers, j’aime pas les thrillers ! L’ai-je assez répété !? Une tare aujourd’hui quand on veut être lue, éditée, ou que l’on prétend chroniquer. Mais s’infliger ces tartes à la mauvaise crème concentrant o-bli-ga-toi-rement un flic torturé, un tueur sadique, des femmes violées et dépecées ou dans le désordre, un tueur torturé, un flic sadique etc… En général, ces bouquins de 600 pages au moins, sont mal écrits, la banalité de l’écriture et ses boursouflures me les font tomber des mains assez vite.
Bref ! Pas la peine d’insister, vous avez compris. Et pourtant… comme dans bien des domaines, toute règle souffre des exceptions.
C’est une amie qui m’a recommandé Je suis Pilgrim. Promesse d’intelligence et de clairvoyance, voire d’anticipation. C’est vraiment un bon bouquin, m’a-t-elle annoncé, très admirative.
Et alors ? La promesse fut-elle tenue ? Pas qu’un peu, cher lecteur !
Voici un tout jeune-homme que la douleur de voir décapiter son père rend fou. Le voici décidé à user ses forces, son intelligence, de vouer toute sa vie à détruire le grand Satan Américain allié de l’Arabie Saoudite qui a exécuté son géniteur. Il devient médecin, et bien que doté de moyen limité, arrive à préparer une souche particulièrement virulente de variole dont il veut se servir pour détruire les USA.
Pendant ce temps, Pilgrim, agent très spécial dédié à la police des agents très spéciaux dont les dérapages sont hélas inévitables, prenant tôt une retraite visiblement méritée, commet un traité de criminologie encensé par ses pairs. Il donne, à raison, son nom au roman, car il est le contrepoint du « méchant ». Voici qu’il décèle, dans une suite de meurtres apparemment sans relation entre eux, la patte d’un criminel d’exception. Une course de vitesse va se jouer entre deux intelligences et deux volontés hors norme. L’éternel combat entre le mal et le bien, le noir et le blanc, mais assez finement exposée et vivement troussée pour intéresser.
Terry Hayes est scénariste. Dans la construction rapide, efficace, sans les fioritures et chichis exaspérants des tireurs à la ligne cités plus haut qui en rajoutent toujours des tonnes, il construit une intrigue qui n'a besoin que d’elle-même pour coller une angoisse diffuse.
Car tout est plausible dans Je suis Pilgrim. En particulier la volonté terroriste de faire le maximum de victimes, le plus de dégâts possibles.
C’est donc une excellente distraction, intelligente, impressionnante dans sa construction implacable, voire carrément flippante si l’on songe à la facilité apparente de la chose. Réjouissons-nous que les terroristes de la vraie vie soient, en apparence, moins intelligents que leurs homologues de papier.
Le roman a donné lieu à une adaptation au cinéma dont je ne saurais vous dire ce qu’elle vaut. Mais si c’est Terry Hayes qui s’en est chargé, il doit y avoir de quoi se coller quelques sueurs froides. 

Tag(s) : #critiques
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