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Alan Parks, avec cette série, dont on espère qu’elle ne fait que commencer, a créé un personnage bien campé dans une époque particulière : 1973. Les femmes se coiffent en « choucroute » les hommes portent des pattes d’eph’… Vous en souvenez-vous ? Si oui, vous êtes un lecteur qui prend la littérature au sérieux et vos cheveux se raréfient sans doute. Vous qui les portiez longs… Un peu à l'image d'Alan Parks ci-contre...

McKoy l’Ecossais boit beaucoup. Se saouler est une thérapie qu’il applique systématiquement à ses humeurs souvent sombres. Or, c’est un flic qui s’évanouit à la vue du sang… Ce qu’on découvre progressivement de lui donne toutes raisons à cette noirceur. Son destin d’enfant placé dans des institutions qui traitaient les jeunes comme du bétail, la mort de sa mère, l’alcoolisme de son père… Sans tout dévoiler, sa vie d’adulte n’est guère plus réjouissante.

Glasgow, Glasgow mon amour...
L’époque est sombre. Glasgow est sombre. Comme flic, McKoy rencontre tant de misère qu’il a plus d’amis SDF que de copains flics. Il faut dire qu’une bonne partie de la police est corrompue, et l’attitude de McKoy ne lui vaut pas que des amis en son sein.
On a pour l’instant trois romans traduits : il semblerait qu’un quatrième soit dans les tuyaux. Qu’on attend avec impatience. C’est la plaie ces séries non terminées : on commence, on devient addict au personnage, à l’ambiance, à ce tableau d’une ville dont on nous montre surtout la pauvreté, la saleté, les maisons closes, les camé(e)s… mais mâtinée d’un amour quasi désespéré de ce policier qui, transplanté par hasard à la campagne ou dans une autre cité, se trouve encore plus orphelin.
McKoy n’est pas le seul personnage attachant : il y a Wattie, flic tout juste en poste et qu’il est censé former, qu’on voit prendre en assurance au fil des tomes ; il y a Murray, le taulier, humaniste ronchon et gueulard. Les maquerelles, et leurs protégés et…Steevie le mauvais garçon, meilleur ami-pire ennemi de McKoy, son protecteur alors qu’ils étaient mioches en but à la saloperie des institutions et qui, devenu voyou de poids, n’a pas renié leur amitié. Problématique pour McKoy.

Autre chose, infiniment reposant pour qui a déjà regardé une série policière : McKoy se fait certes régulièrement démolir dans les ruelles, voire poignarder, voire sérieusement bastonner, mais tout cela à un rythme paisible : il prend le temps d’avancer dans ses enquêtes tranquillement, et soigner sa gueule de bois est en général sa priorité du jour plutôt qu’une bruyante poursuite automobile.

L’auteur au passé professionnel musical balise ses romans de références de l’époque, resituant un univers sonore bienvenu après la lumière (noire…) et les odeurs de fish & ships. Sans compter la météo, élément d’importance dans toute cette œuvre.
Seule critique : le traducteur, ou l’éditeur auraient pu se fendre de note de bas de pages pour cibler les données très pointues : nom de cigarettes, de boissons, de lieux… Tout le monde n’a pas fait son voyage de noces à Glasgow dans les années 70…

Janvier Noir traduction de Olivier Deparis
Payot Rivages 2020

Il n’y a pas que des pauvres à Glasgow. S’ils sont sales, méchants, violents, les riches n’ont rien à leur envier, à part l’usage du parfum et de la salle de bain. McKoy a une bête noire : les Dunlop, oui, eux-mêmes, riches et pourris… père comme fils. La mort d’une jeune fille abattue en pleine rue par un de leurs employés qui se suicide dans la foulée va sérieusement tracasser McKoy qui a déjà un passif avec cette famille, capable de le renvoyer à la circulation d’un seul coup de fil.

Quelques dents perdues ne le décourageront pas d’aller au bout de sa rage, tant humaine que de classe.

 

L’enfant de Février traduit par Olivier Deparis

Payot Rivages 2020

Fille de gangster, cela n’a pas que des avantages. Un petit ami assassiné, marqué au cutter…. Un papa obligé de se et de vous protéger contre ses propres employés qui deviennent cinglés mais gardent leurs mauvaises habitudes (batte de base ball, couteau, flingue…). Pas de chance pour McKoy qui déteste le sang, il n’y aura pas qu’une victime.

Après les quartiers chics, c’est le « milieu » local qui est décrit. Ses habitudes, mauvaises, et ses lieux d’habitat, souvent les mêmes que les capitalistes bien implantés… L’argent… Il fait le même temps pourri que dans Janvier : neige, froid, ce qui a pour seul avantage de planquer un peu la misère de certains endroits.

 

Bobby Mars For Ever traduit par Olivier Deparis

Payot Rivages 2022

Cette fois, nous sommes en j uillet : il fait chaud, très chaud. En 1973, à Glasgow, la canicule commence à 25°… Une petite fille a disparu. Murray n’est pas là pour protéger McKoy soumis à l’arbitraire de son ennemi, celui qui, censément collègue, a décidé de lui pourrir la vie. Une série de cambriolage, une rock star mort d’overdose… Wattie, son Wattson de stagiaire lui est retiré, McKoy rame et souffre seul dans la touffeur d’un été qui rend les gens fous.

 

Dans les trois cas, l’identification au héros marche formidablement. On attend vraiment la suite avec impatience.

Tag(s) : #critiques
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