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L’Hôtel de Verre
Emily St. John Mandel
 traduite par Gérard de Cherge
Rivages Noir 2021


Ce roman nous narre trois décennies : des folles années fric ayant concouru à la crise des sub-primes à la crise elle-même et ses conséquences. Et ce, d’un continent à l’autre.
Le récit démarre mollement, avec des introspections à mauvaise haleine de Paul. Avant qu’il ne rencontre Anika, qui réapparaîtra dans le discours de Xavier, lequel parle avec Vincent , la sœur de Paul, devenue la maîtresse d’Alkaïtis, figure centrale du roman. Reprenez votre souffle.
On le voit : le parti pris de ce roman est un narratif qui passe de personnage en personnage qui tous finalement, ont un lien avec le pivot de l’intrigue, ce mystérieux Alkaïtis.
Si vous voulez vous consoler de la dureté de votre existence et vous persuader qu’être malhonnête, voleur des grands comme des petits, c’est difficile, que profiter de son yacht ou de son jet privé est une tâche ardue quand, sur le quai ou le tarmac, on s’attend à tous moments à voir débarquer le FBI, alors, vous avez trouvé le bon roman.
Emily St. John Mandel arrive à dépeindre justement les bas-fonds de New-York comme les hôtels de luxe de Bahreïn, les restaus chics comme les galeries miteuses. Et parfois ses personnages passent d’un milieu à l’autre, s’y adaptent ou pas, selon leur force et leur volonté.
Finalement elle nous mène tout au bout de la route de chacun des protagonistes. Et même au-delà pour certains qui n’apparaissent plus que comme des ombres aux yeux des plus fragiles ou de ceux dont la conscience est la plus lourde, dans une boucle élégante et touchante.
Ainsi, si la combine obscure finit par être dévoilée, si la phrase mystérieuse dite un jour dans l’Hôtel de Verre finit par être répétée, c’est tout un jeu de transparence qui se met intelligemment en place, capable de garder des parts d’ombre préservant un peu de mystère intrigant.
On rencontre rarement une écriture à la fois savante dans la construction, humaine dans sa capacité à faire exister le plus infime des personnages, et capable enfin, de donner un éclairage différent sur un des plus grands scandales financiers du siècle dernier.
Certes, le fait divers en question ne présente plus guère de mystère. Il a fait l’objet de romans, de séries, de films et de documentaires. Et pourtant, l’auteur nous offre un regard neuf, très personnel dessus.
Ainsi fallait-il d’autant plus de talent pour faire preuve d’une originalité rafraichissante.

Tag(s) : #critiques
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