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Terminal Mortuaire
Jean-Noël Levavasseur

Editions Ouest France 2021

Martin Mesnil, enquêteur improvisé, est en passe de devenir le cousin de Gabriel Lecouvreur, « le Poulpe » né sous la plume de JB Pouy et qu’on a lu dans de multiples aventures issues de multiples plumes. Au point de devenir quasi mythique Et d’ailleurs, Jibé pour les intimes, c’est-à-dire tout ce qui lit, râle et fume en ce bas monde, évoque le cousinage dans une intro sympa dans laquelle il célèbre la ressemblance.
Or donc, Martin Mesnil, intérimaire par amour paternel, se trouve bien coincé entre ses sympathies pour l’humanité souffrante et son nouveau job. Le voici confronté à des « migrants » comme on dit au journal de 20h. Des hommes plus souvent que des femmes, car tout abandonner puis affronter les innombrables risques de ces traversées d’océans et de continents ne se fait pas sans douleurs, famine, exploitation, violence et viols. Mais... car il y a des mais à la pelle dans ce petit roman qui cache bien son jeu. Des « mais » qui se cachent derrière la volonté farouche de s’en sortir coute que coute, des « mais » que l’on retrouve dans le transport involontaire mais inévitable des conflits d’origine partout avec ceux qui les ont vécus. On a donc ces exilés d’un côté, d’horribles exploiteurs de l’humanité, passeurs avides de l’autre, des trafiquants d’armes, des associations caritatives qui essaient d’œuvrer, et Martin Mesnil au milieu du paysage.
Son manque d’enthousiasme pour le maintien de l’ordre à la batte par des sbires au passé militaire répugnant, cumulé à une insatiable curiosité vont fatalement le conduire à poser des questions, parfois aux mauvaises personnes, à boire de nombreux coups consolateurs et... à en prendre de moins plaisants en pleine tronche.
Quoi de plus périlleux que les bonnes intentions ? Lâchez un brave gars, cœur à gauche, dans un port de la Manche, mettez-lui une tenue noire de gardien de départ de ferry, et vous aurez les ingrédients d’un mélo de série télé. Ce serait mésestimer la sensibilité, toute en retenue, et l’intelligence de l’auteur. Au contraire ici, les vrais problèmes sont posés, sans angélisme. Sans solution non plus, mais qui en a ?
Martin Mesnil est un personnage nuancé, attachant, qui a déjà connu d’autres aventures en Normandie sous la plume aussi bien de JN Levavasseur que de Marion Chemin avec qui il a créé le personnage : Une manche de perdue et Tout ce qui meurt me touche chez Orep éditions

 

Tag(s) : #critiques
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