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La Fille de Femme Araignée
Anne Hillerman
traduite par Pierre Bondil
Rivages Noirs 2017

La femme Araignée, c’est dans le Peuple Sacré (le panthéon navajo) une figure importante : protectrice du peuple navajo  et en quelque sorte sainte patronne de toute femme qui tisse. Dans ce roman, c’est la jeune policière navajo Bernie Manuelito, femme de Jim Chee, qui incarne la femme araignée. Celle qui va devoir suivre les fils compliqués d’une enquête qui lui ruine le cœur.
Alors que Joe Leaphorn, en retraite de la police mais actif comme détective privé, sort d’un repas partagé avec ses amis flics, il est abattu d’une balle dans la tête devant les yeux horrifiés de Bernie. Elle ne cessera tout le long du roman de se reprocher de  n’avoir pas réagi assez vite, au moins pour arrêter le meurtrier.
Mais Joe ne meurt pas. Il s’accroche désespérément, et faisant mentir les pronostics des médecins blancs, bien que dans le coma, le légendaire lieutenant refuse de mourir.
Bernie et Jim Chee, qui a appris son métier sous la férule parois rude de Joe Leaphorn, vouent tous les deux une admiration et une affection profondes au vieux policier. Ils vont enquêter. Le FBI est là aussi, et la cohabitation est un peu compliquée.

C’est donc le premier roman de Anne Hillerman. Elle a beaucoup écrit auparavant sur les Navajos, et a travaillé avec son père sur un certain nombre de sujets, tous liés à la géographie, aux mythes, aux traditions navajos.
Je posais, dans la précédente chronique portant sur La Longue Marche la question de « l’esprit Hillerman ». Est-il ou n’est-il pas présent pareillement chez Tony, le père, et chez Anne, la fille ? Il peut y avoir, en effet, tout un tas de raisons à la poursuite d’un cycle qui a bien marché. Ne nous leurrons pas, l’argent peut en être un. La dévotion niaise peut en être un autre. L’imprégnation intellectuelle et l’attachement à un sujet peuvent encore figurer dans la liste. Heureusement pour nous, il me semble que la nouvelle série se rattache plutôt à la dernière des causes évoquées.
Bien sûr, Tony Hillerman, sans pour autant être un abominable macho, s’appesantissait moins sur la vie des couples. Il n’en demeure pas moins que Anne Hillerman, bien qu’ayant récupéré des personnages et un univers qui ne sont pas se propre création, ne démérite pas.
Celui qui aura apprécié la série signée Tony retrouvera avec bonheur sous la plume d’Anne l’évocation des traditions navajos, la beauté des paysages (dépeintes ici avec peut-être encore plus de sensibilité esthétique), l’utilisation de la langue indienne, sans pour autant que soit évacuée l’adaptation à la vie moderne assortie des ravages de l’alcool et du chômage sur les réserves.

Reste un troisième roman (le deuxième dans l’ordre de parution de cette nouvelle série) : stay tuned ! Sa chronique sera bientôt mise en ligne...

Tag(s) : #critiques
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