Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Terres Brulées
Eric Todenne
Editions Viviane Hamy 2020

On sait que la Corse a livré autant de brigands que de flics. Aussi les policiers Corse de papier ne manquent-ils pas.  Modèle de héros attachant, Leoni, le Lillois d’Elena Piacentini pour lequel j’ai une grande tendresse (Pour l’auteure aussi car c’est une belle personne, mais c’est un autre débat. Peu de cons patentés sont de bon auteurs encore que ça souffre d’exception. Mais bref ).
Le défi est donc d’autant plus dur à relever pour Eric Todenne (tandem composé d’Éric Damien et Teresa Todenhoefer) avec leur héros égaré, lui, à Nancy et pas à Lille  et qui apparaissait pour la première fois dans Un Travail A Finir.
Andreani, donc , n’a pas de magnifique grand-mère pour lui mitonner des petits plats, mais il a le Grand Sérieux, patron de bistrot poète et érudit. Père d’une fille dont les tatouages le laissent perplexe, il est aussi entouré de collègues improbables.
Gêné aux entournures par une inspection générale dans son service, Andreani se trouve confronté à une histoire dont les fondements, par cascade rétroactive, remonte à 60 ans.  Il y a prescription... et même si les incendies criminels se sont succédés comme une fatalité familiale étrange, qui a envie d’aller interroger les gendarmes retraités sur leurs activités pendant la guerre ?
Todenne n’hésite donc pas, une fois encore ici, à mettre son lecteur en face des lâchetés individuelles mais aussi à faire ouvrir les yeux que les sociétés ferment si facilement quand il faut oublier un passé gênant.  Le devoir de mémoire semble bien en effet s’arrêter ou commence l’intérêt d’état.
Toujours un peu borderline, indécis dans sa vie amoureuse ou affective, maladroit avec ses amis, sérieusement accroché à la bouteille et exclusif dans ses passions musicales, Andreani reste agréable à lire. Mais, baisse de rythme, ambiance morale en berne entre coronavirus et petitesse des campagnes électorales, j’avoue avoir été moins touchée par ce deuxième roman. Certes, on n’attend pas d’un personnage à la Andreani des courses poursuites, un suspens fou et des morts en avalanche, mais je suis restée légèrement sur ma faim concernant la richesse du contenu.
J’attends. Que deviendra ce personnage ? Retrouvera –t-il un souffle qui fait légèrement défaut ici ? On peut quand même recommander sa lecture, éclairante sur l’imbroglio effarant que furent les changements de frontières entre la France et l’Allemagne à chaque fin de guerre depuis 1870 et la difficulté pour les survivants de la Shoah à rentrer dans leur bien après 1945.

Tag(s) : #critiques
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :