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Premier roman édité par une maison indépendante, son succès aussitôt repéré, Jane Harper est dorénavant traduite et publiée chez Calmann-Levy. L'intéret de vous en informer ? Mince, si ce n'est pour vous dire que la "petite" édition subit une dure loi. Qu'y a-t-il donc dans ce deuxième roman ?

Sauvage
Jane Harper
traduite par David Fauquemberg
Calmann Levy Noir 2018 et Poche

Team Building… Des procédés de management qui au choix font grincer des dents ou applaudir. C’est selon… ici, les grincements de dents vont devenir assourdissants. Qu’on en juge.

Avril, ou mai ? C’est le plein hiver. Deux cents kilomètres au sud de Melbourne, en plein parc naturel des monts Giralang. Deux équipes : cinq hommes, cinq femmes. Séparés. Habituellement collègues du cabinet financier Bailey, boîte familiale qui se trouve depuis un moment dans le collimateur d’Aaron –personnage déjà rencontré dans Canicule- et sa collègue Carmen : suspicion de blanchiment et de fraude fiscale.
Le temps est maussade, voire pourri : pluie, froid. Le weekend de rêve va consister à rallier en trois jours un point distant de quelques dizaines de kilomètres à travers bush, tout en cueillant des fanions sensés prouver qu’on a suivi le bon itinéraire. Des campements attendent les marcheurs avec des caisses fermées contenant le ravitaillement. Pour le reste, ils sont obligés à l’autonomie et à l’entraide. Chaussures de rando qui brulent les pieds, sac à dos qui ruinent les épaules. Le bush est impénétrable : rien n’est plus facile que de s’y perdre. Les eucalyptus enserrent, étouffent, égarent les imprudents. Bref, entre cauchemar et épopée survivaliste. Du côté des femmes, cela tourne clairement au drame. Alice, la taupe des policiers dans le cabinet, n’est plus dans le groupe quand celui-ci arrive enfin à destination.
Comme dans Canicule, Jane Harper nous ballade dans le temps : la narration des recherches, du suspens, de l’attente de la disparue. Et côte à côte, subtilement distillé, le récit en flash-back  de la randonnée.
Dans Sauvage, la nature tient une place importante : sa beauté est éclatante, certes, mais sa sauvagerie est écrasante. Météo, serpent, et réminiscence d’autres disparitions survenues vingt ans auparavant avant que la police ne mette enfin la main sur un serial killer qui s’en prenait aux promeneuses occupent l’esprit des marcheuses.
On ne saura qu’à la toute fin, et je n’en dirai rien, si Alice est morte ou pas, et dans quelles conditions elle a disparu.
Si l’intrigue est bien ficelée, si le personnage d’Aaron reste attachant, le suspens bien réglé, l’argument est un peu plus faible que dans le premier roman particulièrement réussi.

Cela reste néanmoins un plaisir de lecture avéré.

Tag(s) : #critiques, #Livre Numérique
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