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Le gros avantage avec une tablette, c’est que les piles de romans ne s’écroulent plus sur mon bureau, en irrépressibles tsunamis.
Le gros inconvénient c’est que sans cet inévitable écroulement pas de rappel à l’ordre. Combien de chroniques en attente ? Aussi, un livre chassant l’autre, il m’arrive d’avoir quelques regrets quand un ouvrage exceptionnel glisse vers le bas de la liste. Mais la paresse, la passion coupable pour un autre texte en cours de lecture et passe le temps, puis vient, parfois, l’oubli.
Je ne laisserai pas celui-ci disparaitre :

 


La Vraie Vie
Adeline Dieudonné

L’Iconoclaste 2018
La narratrice a dix ans au début du récit. La narration est la sienne, pour conter sa vie de famille gangrenée par la peur, la violence du père au centre d’un maelström infect. Grand chasseur, quand il ne part pas en safari quelque part, ramenant des trophées qui une fois empaillés, terrifient ses enfants, l’homme démolit régulièrement sa femme quand il éprouve le besoin de relâcher la pression.
On observe cette petite fille à l’intelligence exceptionnelle, pleine de sensibilité et d’amour, glisser vers l’adolescence et l’âge de femme. Un premier événement : la mort du marchand de glace, la disparition du rire de son petit frère détruit par son nuisible de père et le malheur vont bousculer la jeune narratrice.  Et son adolescence va être le déclencheur du reste quand les années passant, alors qu’elle se goinfre joyeusement de physique quantique, son père va la regarder comme on regarde une proie à pourchasser et sans doute achever. Juste en quittant le territoire neutre et sans intérêt pour le bourreau d’une enfance transparente. Pas d’aide à trouver du côté de sa mère, martyre constante, qu’elle surnomme avec un amour désespéré : « l’amibe ».
Ce premier roman a reçu un écho très flatteur. Sorti il y a quelques mois, il a reçu un nombre de prix incroyable. Et le croirez-vous ? Il les méritait tous.
Le ton est d’une justesse parfaite.  Le style ne sombre jamais dans la mièvrerie mais colle au plus près de l’intériorité de l’héroïne qui découvre des couches successives du monde comme on épluche un oignon, elle au centre et ce qui habite son ventre.
Le français porte une légère étrangeté, mais engouffrée dans la lecture, je n’avais pas fait le point sur l’origine de l’auteur. J’ai pensé traduction, j’ai imaginé le Canada ? Et c’était la Belgique. On est vraiment face à une originalité exceptionnelle, et peu importe la langue d’origine, les émotions décrites sont universelles.
J’attends avec curiosité un nouveau roman de Madame Dieudonné : une si juste plume.

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